La banlieue, c’est pire que la province 14

Gens,

S’il y a bien une chose qui nous rebute complet avec le coloc’, c’est l’éternel débat sur la banlieue. Sachez pour votre gouverne que j’ai quand même grandi en banlieue, là où c’est qu’on dit des yo man à la fin de ses phrases et qu’on porte sa casquette à l’envers quand on est un peu rebelle dans l’âme. Même que j’ai évolué pendant 4 ans dans un milieu hostile, à savoir la bourgade lointaine de Rouen. Dur, donc. Mon coloc’, lui, il a toujours vécu à Paris. Et quand on se rend compte qu’on devra peut-être migrer à l’extérieur du périph’ un jour, ça nous fout le cafard, j’te dis pas !

(maintenant, tu sais donc pourquoi on préfère rester dans notre 2 pièces de 30 m² …)

L’histoire, c’est que samedi dernier nous étions invités à l’anniversaire d’une très bonne amie. En banlieue donc. A Saint-Fargeau-Ponthierry plus exactement. La lose, quoi !

« Y’a pas idée de fêter son anniversaire en banlieue ?! » A ça, je te le fais pas dire ! Mais en fait, c’était par souci de praticité. C’est-à-dire que la sus-nommée amie vit à Fontainebleau.

Mais késako Saint-Fargeau-Ponthierry ? Très bonne question, l’ami. Alors Saint-Fargeau-Ponthierry est une espèce de trou sur bled comme on n’en fait plus. Vise un peu le bordel :

St-Fargeau-Ponthierry

Si ça t’intéresse, des fois que t’aurais rien à foutre le week-end prochain, c’est la sortie n°12 sur l’A6

Comme tu peux le constater, c’est loin. On frise même la frontière avec le 45, c’est dire ! Mais bon, pour ma copine, j’irais au bout du monde, alors …

Nous voilà donc partis, mon coloc’ et moi en voyage organisé direction Saint-Fargeau-Ponthierry. On rigole, on fait des blagues sur les bouseux, on plaint les pauvres gens qui vivent dans le coin, on s’étonne même de croiser une station essence sur notre route, tout ça.

On arrive, on rigole avec les invités, on mange, on se rend compte qu’on n’a pas de réseau, on rigole encore, on mange encore, et puis on rigole (ça faisait longtemps) et enfin, on paye. Sur ces entrechats, le serveur nous tint à peu près ce langage : « vous savez, le restaurant fait aussi boîte de nuit et comme vous êtes venus manger, pour vous, l’entrée au club est gratuite ! » (je traduis, hein, parce que dans sa langue de banlieusard, ça donnait pas vraiment la même chose). Comment te dire ? C’est-à-dire qu’à 1 000 boules l’addition (alors qu’on n’était même pas à Paris, je le rappelle), ça nous aurait fait mal au cul de débourser 15 € en plus pour ta boite de bouseux !

Je crois que le terme « boite de bouseux » ne convient même pas à la situation. Imagine un peu : moyenne d’âge 18 ans, les garçons portent des pantalons dits à pince et des chemises même pas cintrées, les filles … oh mon Dieu, les filles je ne peux même pas en parler tellement je devrais en écrire des tartines !

Du coup, j’ai fait une petite étude sociologique pour toi. Question : à quoi reconnaît-on une boite de banlieue ? Vous avez 4 heures. Pour t’aider, quelques indices :

1/ il n’y a pas de noirs

2/ on n’est pas obligé de prendre une bouteille pour s’assoir

3/ la bouteille coûte 130 €

4/ le DJ parle au moins 5 fois sur chaque chanson

5/ la nouveauté musicale qui rend tous les clubbers hystériques c’est « Boom Boom Pow« , des Black Eyed Peas

Tout ça pour te dire que même quand je vivais à Rouen je n’ai jamais vu ça ! J’en suis donc arrivée à la conclusion suivante : la banlieue, c’est pire que la province !

Sur ce je m’éclipse, faut que j’aille boire un thé Mariage Frères en terrasse avec mon meilleur ami gay