Je n’ai jamais vraiment été une dingue de mariage. Cul-cul les petits oiseaux qui sifflotent dans les arbres fleuris, avec une légère brise qui vient gonfler la mousseline vaporeuse d’une robe romantico-romantique, des rires, des verres qui tintent, youhou c’est moi la plus belle, je suis une princesse et voici mon prince-charmant, oh super un peu de foie gras sur un toast (et encore, z’avez pas vu la pièce montée), tout ça tout ça, c’est pas trop ma tasse de thé les gars.
Tu noteras d’ailleurs que Brigitte et moi nous sommes très vite cachés derrière le prétexte de notre nouvel appartement pour ne pas avoir à nous occuper de l’organisation de notre mariage. Oh, c’est pas faute d’avoir un peu essayé pourtant, mais à chaque fois qu’on se penche sur la question, ça se termine en une espèce de conflit israelo-palestinien à la sauce bobo parisien, et ça nous emmerde prodigieusement. Du coup, on fait croire à notre entourage qu’on a d’autres chats à fouetter et ça nous fait des vacances.
Contre toute attente, y’a quand même un truc dans le mariage qui me fait kiffer : changer de nom et passer du Mademoiselle au Madame. Je te l’accorde, ça n’a pas vraiment de sens et ne t’amuse pas à me demander pourquoi le Madame me fait autant vibrer, je serais bien incapable de te répondre.
Je sais pas les gars… Madame ça envoie. Madame ça fait sérieux. Madame ça fait fermer sa gueule aux gros relous.
Alors en attendant que Brigitte et moi on ait enfin le courage de s’occuper de cette histoire de mariage, je m’habitue tout doucement à mon futur changement de titre avec mon sweat fétiche Zoe Karssen. Plus revendicateur, tu meurs !
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L’inventeur des lunettes de soleil est un génie
On n’a pas des vies faciles, nous autres les blogueuses vous savez ? Oui, bon, c’est vrai qu’on peut se maquiller et se crémer le cuissot gratos jusqu’à la fin de nos vies et qu’il ne nous viendrait même plus à l’idée d’allonger le moindre euro pour partir en week-end. Mais c’est bien légitime bordel quand tu vois tout ce que notre dur statut de star des internets nous inflige.
Car oui les copains, la vie de blogueuse ce n’est pas toujours strass, paillettes et petits-fours Picard. En-tête des aléas relous, nous avons la schizophrénie. Personnellement, j’ai toujours eu du mal à mélanger ma vie IRL et ma vie virtuelle. Pourtant, ce n’est pas comme si je m’étais créée un personnage, je veux dire que tout ce qu’on peut trouver sur UGIP est du 100% moi. Mais bizarrement, j’ai toujours eu un peu « honte » de ce que pourrait penser mes proches et les personnes que je côtoie au quotidien en venant trainer par ici… Pourtant, j’en suis fière de ce blog. Mais va expliquer à ta copine que l’article où tu te moquais d’elle était du second degré ou faire comprendre à tes collègues que non, ce n’est pas parce qu’il y a des photos de moi partout que je suis un être narcissique et superficiel.
Profitons donc de cette transition même pas fait exprès pour aborder ce que le blog a de plus détestable : les photos. Je crois bien que c’est l’exercice le plus difficile auquel j’ai eu à faire face ces dernières années (je t’avais prévenu que j’avais pas une vie facile) (oui, je sais, c’est consternant). Poser dans la rue comme une niaise et faire face aux passants qui te regardent chelou, tantôt curieux et amusés (« ils sont bizarres les touristes de nos jours à se prendre en photo comme ça au milieu de la rue…« ), tantôt moqueurs (« pour qui elle se prend cette morue, elle se croit belle ?« ) ; Obliger Brigitte à prendre des photos inintéressantes au possible et à « diriger » une nana un peu gauche qui met en moyenne 20 minutes à se dérider ; Trier les photos pour choisir celles qu’on mettra en ligne et avoir envie de vomir dès qu’on se voit, se trouver trop comme-ci, pas assez comme-ça ; Et enfin, se faire violence et appuyer sur Publier quand même, en se disant que tant pis si on est moche, finalement l’autre connasse sur son blog là-bas n’est pas un canon de beauté non plus… (oui, il faut bien bitcher un peu en contrepartie pour se remonter le moral)
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