Le jour où … 23

… tu te rends compte que tu deviens une vieille conne, ça remue vachement, dis donc !

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Bah dis donc, ça nous rajeunit pas tout ça !

Parce qu’il est quand même en train de m’arriver un truc dément, les gros, ces derniers jours : je ne sais plus vraiment qui je suis.

Alors ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir portée mes soeurs, je ne suis pas en phase dépressionnaire mais simplement en pleine remise en question. Et la question qui me tarabuste le plus c’est « est-ce que je suis une bonne personne ?« 

Vaste sujet, donc.

(t’inquiète pas, si tu t’en vas vers des lectures plus futiles, je ne t’en voudrais pas …) (enfin, ça se paiera un peu quand même …)

On pourrait croire que je suis bien trop égocentrique pour me remettre en question. Je ne te jette pas la pierre, même des personnes de mon entourage proche le pensent, les putes. Grave erreur copain ! Ca ne m’arrive pas très souvent, certes, mais ça m’arrive quand même. Et je dois dire que c’est loin d’être agréable, comme sensation. Décortiquer des situations, analyser des conversations, comprendre des reproches, mélanger le tout et en tirer des conclusions, crois bien que j’ai le nez dans une sacrée merde, là !

Alors une fois qu’on est en face de ses défauts les plus dégueu, on fait quoi ? On vomit, d’accord, mais après, encore ? On décide si on veut s’améliorer ou pas. Et puis encore après, on hésite : je suis comme ça depuis des années, pourquoi on ne me prendrait pas avec mes défauts ? Surtout que les autres, ils en ont aussi des défauts, et des gratinés qui plus est ! Et puis j’ai quand même des qualités, bordel ! Pourquoi on n’en parle jamais, de mes qualités ?

Bon, mais soit, on va s’améliorer et on va faire des efforts pour composer avec tout le monde. Après tout, c’est aussi ça l’amour et le savoir-vivre, non ?

Bah c’est bien joli tout ça les gueux, mais je ne peux pas m’empêcher de vouloir me défendre, c’est plus fort que moi. Des exemples, par exemple :

> Je suis grande gueule et dis souvent, pas forcément de manière très appropriée je l’avoue, aux autres ce que tout le monde pense tout bas ? En attendant, ça en arrange bien certains qui n’ont pas les couilles de dire ce qu’ils pensent. Et comme c’est moi qui pars au casse-pipe, aucun risque pour les autres qu’on le leur reproche un jour ! Un peu fastoche, donc.

> Je suis autoritaire, je donne des ordres et j’aime, que dis-je j’exige, qu’on fasse les choses à ma manière ? Ok, c’est vilain, mais à ma décharge, je suis trop bonne en organisation et trop réactive de la décision. Sans dec’, ça te gave pas toi, les gens qui mettent des plombes à prendre une décision ?

> Je suis très maternelle et donneuse de leçons ? Malheureusement, force est de constater que je suis plutôt de bons conseils. Si les gens croient que ça m’amuse de les asséner de « j’te l’avais dit« , ils peuvent se foutre le doigt dans l’oeil, parce que j’ai d’autres kifs dans la vie que les voir se déchirer au lieu de m’écouter (oups, encore une leçon …)

Comment ça, mes arguments sont nazes ? Bon c’est vrai, mais on se défend comme on peut quand on n’a pas de quoi se payer les services de Maitre Vergès. Alors mea culpa, c’est vrai que je suis une personne plutôt brute. Et crois-moi, s’en rendre compte comme ça, c’est pas très agréable. Mais ça fait partie de la vie, je joue le jeu et promets de m’améliorer.

Mais les autres, qu’en est-il d’eux ? Seraient-ils capables de changer pour mes beaux yeux ? Parce que j’ai une théorie : si les autres étaient plus comme je le voudrais, peut-être que je n’aurais pas besoin de leur montrer le côté obscur de ma force. Donc si les autres changeaient, je pourrais alors être une personne parfaite !

Le problème, c’est que je suis arrivée à un tournant de ma vie où je me demande si j’ai réellement besoin de ces autres là … Le jour où on se rend compte qu’on ne partage plus les mêmes valeurs et que la souffrance causée (même involontaire) est trop puissante pour être digérée et pardonnée, ça ne voudrait pas dire que c’est la fin, la fin d’une relation, la fin d’une amitié, la fin des haricots ?

Je ne sais pas ce qu’il faut faire pour être parfaite pour les autres. Arrêter de vouloir l’être, très certainement … Entendre les reproches qu’on nous fait et vouloir s’améliorer est, je pense, un grand pas. Être reconnu des autres, principalement de ses amis, est quasi vital pour l’homme. Il est donc naturel et intelligent de vouloir tout faire pour leur plaire et peut-être (enfin) obtenir de la reconnaissance de leur part. Mais lorsque l’on est déçu, voire meurtri par des paroles et des réactions, je me dis que la volonté de changer n’est plus vraiment motivée par de bonnes raisons.

Je suis complètement pour m’améliorer, tirer des leçons de mes expériences, apprendre des autres et continuer d’avancer dans ma vie en progressant. Je me demande juste si j’ai envie de marcher avec les mêmes personnes …

Tu vois, y’a du boulot encore !