On my way … 10

RER

Salut les croutes de fromage, c’était pour te dire que depuis quelques jours j’ai repris le chemin du travail. Un travail qui m’oblige à ne plus passer ma journée le cul vissé sur mon canapé, je veux dire. Bon alors ne passons pas en revue les avantages et les inconvénients du statut de Freelance, on n’est pas là pour faire un SWOT non plus ! Et puis si tu t’attends à ce que je te raconte les derniers potins de la machine à café, tu peux te brosser tellement pour l’instant il ne s’y passe rien d’intéressant (pour toi, j’entends). Même pas un collègue avec un crotte de nez qui pend, c’est dire.

Non. La vérité c’est que pour me rendre à mon nouveau travail, il faut que je prenne le RER (l’angoisse), mais le pire, c’est qu’une fois arrivée dans cette banlieue lointaine (zone 3 bordel !), je suis envahie par une vague de souvenirs boutonneux.

Je m’explique : ma boîte est située dans la banlieue de mon enfance. Par exemple, depuis la fenêtre de mon nouveau bureau, j’arrive à voir l’appartement de ma jeunesse, celui où j’ai grandi jusqu’à mes 14 ans. Pire, je passe tous les matins (et tous les soirs donc) tout près de la cachette de mon ancien collège, là où je fumais des clopes en loucedé en 4ème4 et où je roulais des patins baveux à Manu, le beau gosse de la 3ème2. Mais avec Manu, on a arrêté de se fréquenter quand il a raté son Brevet, le naze ! Bref, nostalgie, je crie ton nom.

Mais ma véritable angoisse copain, c’est de croiser un de ces jours un ancien camarade de classe ou une vieille sœur de sang. Tu me diras, 15 ans après, ça serait vraiment pas de chance. Mais on est à l’abri de rien, surtout par ici. Alors pourquoi j’angoisse autant ? Attends, tu verrais le niveau de ceux qui m’ont déjà retrouvée sur Facebook, tu comprendrais. Entre les mères célibataires  qui se sont fait engrosser par les caïds du quartier à 16 ans, les esthéticiennes option manucure qui portent des bottes blanches, les boxeurs semi-professionnels et les autres ayant passés quelques années à la Santé, merci bien ! Et l’idée de me retrouver un peu contrainte et forcée face à ces vieilles connaissances, ça me donne moyen envie…

M’enfin, comme ils ont certainement pas le Bac, je pourrais toujours faire genre que je suis pas française en leur balançant 2 ou 3 phrases en anglais. Que penses-tu de « waleguene bistouflaye, last night a DJ save my life, fuck you very much » ?

Sinon, qui a inventé le RER A ?!