« On est jamais trop pédé » 13

MAG

C’est pas pour dire les têtes de veau, mais si t’as un coup de mou y’a quand même rien de mieux qu’une bonne soirée entre pédés !

Oh oui ça va, je sais que c’est vachement cliché cette histoire de parisienne méchée et perchée sur 12 cm, déambulant dans les rues du Marais avec à son bras sa pochette Marc Jacobs et son ami pédé (en vérité la pochette, elle est à l’ami gay). Mais que veux-tu, aussi sûr que tu as raté ta vie si tu n’as pas de Rolex à 50 ans, elle ne vaudra guère mieux si tu n’as pas de meilleur ami gay.

Depuis vendredi dernier je traîne une espèce de rancœur envers le coloc’, du genre moins je le vois, mieux je me porte. C’est-à-dire qu’on doit s’engueuler une fois par an en tout et pour tout. Du coup, pour qu’on soit tranquille le reste de l’année, j’ai décidé de nous débarrasser de cette corvée avant la fin du premier trimestre. Qui oserait dire après ça que je suis égoïste, non mais oh !

Bref, j’ai donc eu envie de profiter de mon samedi soir pour me changer les idées et m’aérer la tête. Mes copines étant toutes 1/ scotchées à leur mec, 2/ enceintes jusqu’au eaux, 3/ éreintées ou 4/ parties en week-end, j’ai décidé d’appeler mon sauveur j’ai nommé mon MAG. Et puis avec lui, j’étais certaine que le sujet des relations amoureuses ne serait pas abordé de toute la soirée. Joie, bonheur !

Tu me connais, je ne suis pas vraiment du genre à sortir en jean troué et en Ugg mais va savoir pourquoi, j’ai eu envie de me faire encore « plus belle » que d’habitude. Pour mon MAG bien sûr, car j’adore voir ses yeux pétiller quand il me voit arrivée sur mon 31, comme il aime. Mais surtout pour moi, parce que bordel ça fait quand même vachement du bien au moral. Et puis ça fait de mal à personne d’être décomplexée et de jouer les bonnasses pleine d’assurance le temps d’une soirée ! Me voilà donc en mini ras la touffe, brushinguée à mort et l’oeil smocké que t’as jamais vu ça.

Apéro jusqu’à 22 heures, un dîner délicieux, des fous rire qui n’en finissent pas, des discussions légères. Bref, exactement ce dont j’avais besoin pour me requinquer. Mais le mieux dans tout ça, c’est que je crois qu’il n’y a rien de plus magique que le regard d’un pédé pour reprendre confiance en soi. Car tu sais que dans ses yeux il n’y a pas de sous-entendu pervers, quelque part entre Œdipe et un film de cul. On oserait presque croire que dans son regard il n’y a que la vérité, comme une sorte de miroir qui reflèterait ce qu’on a envie de voir depuis longtemps. Alors oui, pour lui samedi soir j’étais belle, fatale, sexy, drôle et peut-être même parfois intéressante. D’aucun diront que c’est certainement le regard de l’amitié…

Toujours est-il qu’à ces yeux j’étais une femme, et ça fait un bien fou !

Sinon, j’ai des nouveaux cheveux, et ça aussi ça change ma vie !