Ma première expérience Louboutin 28

Alors voilà les gros, j’ai décidé cette année de m’offrir un vrai cadeau pour mon anniversaire : une paire de Louboutin. D’aucuns diront certainement que c’est so libanaise du staïle (ce qui ne va pas arranger nos affaires…), mais moi je dis que si à 30 ans tu n’as pas ta paire de Louboutin, autant se suicider. Sérieux, à quoi ça sert les premières rides et les cheveux blancs (sa race) si on peut pas se la péter un peu ?

Sans aller jusqu’aux escarpins clinquants-bling-bling-mother-fucker à plateformes de 43 cm avec des clous partout, je me suis dit que quitte à débourser un SMIC, autant le faire pour une paire originale. Exit donc les Pigalle vernies… Encore que… Quitte à débourser un SMIC pour des gaudes, autant le faire pour une paire plutôt classique que je porterai souvent, non ? Comme tu peux le constater, je suis en train de vivre le plus grand dilemme de toute mon existence ! D’autant que ce n’est pas le site tout pourave de la marque qui pourra m’aider à prendre une décision, tu en conviendras.

J’ai donc poussé pour la première fois de ma vie la porte d’une boutique Christian Louboutin la semaine dernière, à une heure encore décente. J’avais prévu mon coup, qu’est-ce que tu crois ?! 1 heure pour essayer les 36 paires qui me feraient de l’oeil, hésiter, réfléchir, hésiter encore et enfin repartir avec le St Graal, j’étais large.

Comme j’étais candide les gros !

J’ai commencé à déchanter dès mon arrivée à la boutique. On m’a fait le coup du Louis Vuitton des Champs : on m’a laissé poireauter sur le trottoir pendant 5 minutes comme une catin une vulgaire touriste pour cause d’affluence. J’ai envie de te dire qu’au prix de la shoes, tu pourrais embaucher Christian, merde ! Mais je ronge mon frein, trop excitée à l’idée d’en ressortir bientôt avec mes précieuses.

Et dire que je m’attendais à une ambiance feutrée et délicate, me voilà entrée dans une petite souricière moquettée. Entre les vendeurs qui courent partout, les touristes qui se croient dans un musée et les clientes installées un peu partout, ça grouille dans tous les sens. Niveau accueil, tu peux repasser : moi qui espérais une attention particulière, walou. J’ai déjà dû attendre 10 bonnes minutes avant qu’un vendeur daigne me dire bonjour. Qu’il y ait du monde et que tu sois occupé, soit. Mais un petit « bonsoir, je suis à vous dans quelques minutes » n’a jamais tué personne me semble-t-il. Si ? Ah bon… Au moins, ça m’a laissé le temps de faire un petit tour du propriétaire et de repérer les quelques modèles qui me plaisaient : j’ai complètement craqué pour une paire en croco noir et une paire de Pigalle bleu turquoise !

Hello beauties !

C’est un jeune homme qui s’est occupé de moi. Plutôt gentil. J’avoue que je m’attendais à un peu plus de révérences (attends, je suis blogueuse merde !), mais sympa. Quand je lui demande de m’apporter la paire de croco en 39, le mec me regarde et me dit : « c’est un modèle qui est à 3 500 € vous savez ? » Là, j’ai un peu envie de lui balancer mes relevés bancaires à la gueule ! Non mais sérieux, qu’est-ce qu’il en sait lui de combien je dispose ? Et puis je suis pas débile, j’imagine bien qu’elles ne doivent pas coûter 39,99 € ! Pour le mettre mal à l’aise, je lui réponds que ce n’est pas un problème, que ça fait 10 ans que je ne mange plus rien juste pour pouvoir m’offrir une paire de Louboutin (la vérité, j’ai ouvert un blog sponsorisé). Il sourit, gêné. Je crois qu’il ne sait pas vraiment si c’est du lard ou du cochon. Je lui demande de m’apporter la paire bleue dans la même taille, tant qu’à faire. Sauf bien sûr si elle coûte plus 4 000 €. Nouveau sourire gêné…

Il ne revient qu’avec une seule boite. Il aggrave son cas, donc !

Il n’a plus les escarpins bleus. Il est également en rupture pour celles en croco mais il lui reste une paire en 38,5. Je sais d’avance qu’elles ne m’iront pas mais je les essaye tout de même, à tout hasard. Elles sont magnifiques, tout simplement faites pour moi à l’exception près que mes orteils forment un V à l’intérieur. Effectivement, même chez Louboutin il me faut du 39.

Entre temps, il me rapporte une paire de Simple Pump en ma taille, les noires toutes simples. Je les essaye. Elles me vont parfaitement mais je trouve le talons de 10 cm un poil trop petit pour moi et me dit que finalement, pour le prix, je préfère nettement un modèle plus orignal. Sauf qu’ils n’ont plus rien en 39 ! Quand je demande s’il peut voir ce qu’il y a de disponible dans les autres boutiques, mon vendeur fait la mou. Je me renseigne donc pour connaitre la date à laquelle ils seront réapprovisionnés dans celle-là. C’est là qu’il me sort le plus gros lol du jour : « entre février et avril !« 

Je lui claque un merci-bonsoir avant de me barrer de là, dégoutée ! C’est là que tu te retrouves comme une conne sur le trottoir, avec pour seuls amis ton budget qui avoisine le PIB de l’Ouganda et ton désespoir. Le pire les gros, c’est qu’il n’y a pas non plus ma taille sur l’e-shop, qui de toute façon ne livre que les amerloques ou les canadiens. En fait, Louboutin c’est trop la lose !

(mais j’en veux quand même)