Après la pluie 19

ciel bleu

Tu sais les copains, j’ai toujours considéré la bloguerie comme un passe-temps, une manière de m’évader en rigolant et de choisir consciemment l’information à laquelle j’expose mon temps de cerveau disponible.

Je m’éclate en tant que blogueuse. D’abord parce que j’écris. Des conneries certes, mais ai-je la prétention de révolutionner le niveau culturel interactif de notre pays ? Non, faut pas déconner. Vous n’imaginez pas à quel point ces confessions superficielles et ces galéjades, parfois de mauvais goût je vous l’accorde, m’apportent comme réconfort. Oh, je sais bien que ça peut paraitre un peu stupide de dire que mon moi freudien va beaucoup mieux depuis que je raconte des inepties sur ce journal intime virtuel, mais la vérité n’est pas ailleurs : ce blog est le meilleur psychothérapeute du monde.

Et puis je m’éclate en tant que lectrice de blogs. Je lis, je découvre, je ris, je consomme, je suis même un peu touchée parfois. J’ai arrêté il y a bien longtemps de lire des blogs « sérieux ». Je mets le mot entre guillemets parce que je ne fais pas référence aux blogs estampillés Nouvel Obs. Non, je parle plutôt des trucs qui se donnent un air sérieux parce que ça écrit des textes à rallonge sans photos, ça lit des essais philosophiques de Marc Lévy et ça va voir des films ouzbeks. Disons qu’aussi (in)intéressant que ça peut être, ça m’emmerde royalement. Je préfère de loin les frivolités des blogueuses mode aux réflexions intellectuelles en carton pâte des confrères sus-mentionnés.

Soit. Vous êtes donc ravis de savoir à présent que je suis aussi futile dans la vraie vie que derrière mon écran. Mais pourquoi donc que je vous raconte tout ça les copains ?

C’est-à-dire que des fois, j’ai envie d’être un tantinet plus sérieuse et aborder avec toi des sujets de la vie un peu moins légers. Je suis motivée, prête à dégainer mes petits doigts manucurés sur mon clavier azerty et puis rien. Le syndrome de la page blanche en somme (si tu t’interroges, demande aux blogs « sérieux » de quoi ça s’agit). Serait-ce à dire que je ne suis bonne qu’à vous pondre du publi-rédactionnel beauté et des frasques abracadabrantesques ponctuées de lol et de points d’exclamation ? On dirait bien les copains, on dirait bien.

Et puis l’autre jour, j’ai lu un très beau texte d’Anne-So. Comme bien souvent, il m’a beaucoup touché mais pas seulement pour la qualité de la plume d’Anne-So ou pour la jolie façon dont elle arrive, toujours très subtilement, à nous raconter une anecdote personnelle. Cette fois, il a touché mon cœur car il exprime à la perfection tout ce que je n’arrive pas à écrire ici depuis plusieurs semaines déjà.

Je déteste l’expression « refaire sa vie ». Déjà parce que j’estime qu’une vie ça se construit tous les jours, jusqu’à sa mort. Et surtout parce que je ne me résoudrais jamais à limiter mon existence à la personne avec laquelle je la partage. Ceci étant, et malgré toutes les peines, tous les doutes et toutes les craintes qu’un tel changement peut provoquer, j’aborde cette nouvelle étape de ma vie très sereinement, notamment grâce aux merveilleuses personnes qui m’entourent et à la plus belle rencontre que je n’ai jamais faite.

Tu vas voir que bientôt, je vais te parler de la fonte de la calotte glacière !